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#Métier du jour - Marketing Expérientiel Avec Mathieu Sirot

Portraits

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24/05/2018

Cette semaine j’ai eu l’opportunité de pouvoir interviewer Mathieu Sirot, expert de l’expérience client et aujourd’hui directeur de la stratégie et de la création. 


Venez découvrir son parcours et son métier !



Mathieu Sirot est entré à l’ISCOM en 1992 afin d’effectuer un BTS communication et publicité.

« Rapidement j’ai été pris dans les médias », en effet à la suite de ces études son premier emploi était à Funradio où il écrivait des blagues pour la matinale. 

Son parcours ne s’est pas dessiné comme il le souhaitait mais c’est grâce à ça qu’il en est là aujourd’hui.

« À la base je voulais être en Agence de pub je ne voulais absolument pas faire du média mais il s’est trouvé que j’ai commencé là-dedans. »

Après 1 an de service militaire et quelques années de journalisme il a alors commencé à travailler chez Universal en tant que directeur de la création.


« Quand j’ai commencé pour mon premier job, il y avait un ordinateur avec internet pour 50 personnes. ». C’est donc avec les prémices d’internet que Mathieu Sirot a débuté dans la stratégie et la création.

« Mon métier a constamment évolué avec les technologies. ».


Un jour après il a décidé de réaliser son rêve.

 « J’ai toujours eu un fantasme et un rêve c’est d’aller travailler à l’étranger et de voir un peu comment c’était. ». 

Il y a 10 ans il est donc parti au Canada et sa carrière s’est accélérée. 

« En moins de 3 mois je suis devenu Directeur de création d’une Agence qui s’appelait Wasabi et qui travaille essentiellement dans le Marketing expérientiel. Le Marketing expérientiel c’est tout ce qui est du hors média, donc ce sont des événements, des stuns, des partenariats. ».  C’est ainsi que l’expérience client est entrée dans sa vie professionnelle.


Son expérience au sein de Wasabi lui a permis de devenir directeur de la Création chez Mosaic qui est le plus gros groupe de Marketing nord-américain.

« J’ai dû monter toute une équipe à Montréal », c’est Mathieu Sirot en tant que Directeur de Création avec un collaborateur qui ont construit l’Agence à Montréal.

C’est avec Mosaic qu’il a travaillé pour « des gros comptes » tels que Coca-Cola, Magnum ou encore Yves Rocher.


« Ce qui est intéressant c’est que la technologie a avancé. Il y a 10 ans quand j’ai commencé à faire des événements on faisait des événements avec 200 personnes en ayant de la presse et puis 10 ans plus tard on fait un événement où de toute façon de nombre de personnes présents n’ai pas le plus important. L’important c’est que ce soit photographié, « instagramable », que l’on puisse en faire des spots TV et que l’on puisse les mettre à la télé. Donc sur la fin de mon travail chez Mosaic 80% des événements et des choses que l’on pouvait faire était filmées pour devenir des spots TV. ».


  • Mathieu Sirot nous partage également sa vision des choses et comment il en est arrivé à faire de l’expérience client un business et son métier.


« Pour moi toute personne qui reçoit une publicité doit devenir ambassadeur de cette publicité. C’est vraiment la différence avec la télé. On fait vivre une expérience à un client. Si le client est content de son expérience et que son expérience l’éclate, il agit soudainement avec la marque. L’intérêt c’est qu’il ne soit plus passif, qu’il fasse quelque chose avec la marque, qu’il agisse avec la marque. La marque lui apporte quelque chose. Cela change complètement la dynamique car il est capable d’aller vivre une expérience et surtout une histoire à raconter en rentrant chez lui. ».


Cette vision des choses, il a pu le prouver lors de plusieurs événements mais c’est avec un exemple bien précis qu’il a décidé de nous montrer l’impact que des personnes « lambda » peuvent avoir. 

Ici l’expérience était pour une marque de vin au Canada. 


« On a invité les 80 gars les plus cools et les plus branchés de Montréal pour une dégustation de vin avec une sommelière. A leur arrivée, ils pensaient arriver dans un bar super branché mais on les a emmenés chez un dépanneur. Tout le monde était très surpris. Ils ont été 80 à prendre des photos, des vidéos, ils ont été 80 à en parler et on est devenu le sujet le plus tendance à travers tout le Canada. En une soirée avec 80 personnes. ».


  • Les consommateurs sont les principaux intéressés lors d’une publicité alors pourquoi devraient-ils être passif ?


« Ce sont eux qui ont fait en sorte que la pub devienne virale et devienne importante, 90% du travail est basé là-dessus. ».


Mathieu Sirot fait d’une personne « lambda » l’ambassadeur de la marque à travers l’expérience qu’il va vivre avec le produit de celle-ci.

« Ce qui est différent (avec une publicité que l’on voit souvent) c’est que si l’événement ne prend pas on peut changer l’histoire. ».


Une histoire c’est justement ça que Mathieu Sirot arrive à faire, c’est créer une histoire lors d’un événement et faire participer un maximum de personne.


D’ailleurs en voici un exemple :

« Coca-Cola voulait faire quelque chose pour le nouvel-an. Ils disaient « on va devenir la marque qui fait le nouvel-an à Montréal ». Nous sommes arrivés et nous sommes allés voir Coca-Cola. On leur a dit « écoutez les gars, vous voulez faire un réveillon mais il n’y a pas d’endroit à Montréal qui soit iconique pour le réveillon ». (…) Donc ce que l’on va faire, on va bâtir quelque chose d’iconique pour la soirée, on a pris une tour de 40 mètres de haut et on a invité les gens à venir célébrer le réveillon avec Coca-Cola. En haut de la tour on avait mis 4 écrans géants qui rediffusaient en direct les pays dans lesquels se passait les réveillons avec les fuseaux horaires. Les gens ont vécu 4 heures de fête. A un moment donné on est arrivé au fuseau horaire de Montréal et là on a envoyé feu d’artifice et compagnie. ».



30 000 personnes étaient présentes, 30 000 personnes ont partagé une photo. Le chiffre des personnes touchées au final par cet événements est énorme et c’est très intéressant de voir l’impact que cela peut avoir.


 « Finalement le plus important pour moi dans ma réflexion c’est pas le média. Si toi tu as une amie qui a été à la fête Coca-Cola et qui prend une photo le soir du réveillon la valeur de cette information que tu reçois est meilleure parce que ton amie devient l’ambassadeur de la marque. ».


  • Par la suite Mathieu Sirot nous explique la principale différence entre la France et le Canada si on parle d’expérience client.


« Le marketing expérientiel ça marche très fort en Amérique du nord et c’est en train d’arriver en France. ».

D’ailleurs il nous affirme que l’on peut retrouver du marketing expérientiel en France avec l’agence événementiel Ubi béné.


En résumé….

« On crée une expérience pour que les gens comprennent le produit et vive le produit. Une fois que l’on a créé cette expérience on va créer un contenu qui va sûrement être un contenu digital qui va être mis sur les réseaux sociaux, on fait encore vivre la campagne une deuxième fois. La vente c’est ce qui se passe quand j’arrive en magasin, quand j’arrive dans mon supermarché et que je veux acheter une bouteille de Coca-Cola. Il y a une théorie dans l’expérientiel qui est de dire « ça ne sert à rien de faire une pub pour faire un pub si quand les gens ils vont en magasin n’ont pas la même expérience. ». 

  • D’ailleurs il nous en dit un peu plus sur l’impact de l’expérience lors de la vente :


« C’est intéressant de remettre le produit en mains propres et aussi pour les annonceurs où la publicité réalisée devient rentable immédiatement. On met des personnes en magasin pour finir on augmente les ventes de 30%. ».


C’est une toute nouvelle réflexion et une nouvelle manière de voir et concevoir les choses.

« Quand tu es concepteur-rédacteur ou créatif tu veux faire une belle pub ça c’est ton but. Quand tu es directeur de création tu veux faire une pub qui marche. ».


On finit ce portrait avec un projet de plus d’1 an que Mathieu Sirot nous partage : 


« La ville de Montréal fêtait son 375ème anniversaire il y a 1 an et ils ont envoyé à toutes les agences et à tous les producteurs l’idée de se dire « Qu’est-ce que vous pourriez faire si vous deviez parler de Montréal ? On a gagné un projet d’un an et demi : créer un événement pour Halloween. On a créé un monde où l’on a raconté l’histoire de Montréal. Comme quoi il y avait une fête à Montréal, une bête. Seul les enfants pouvaient endormir la bête et on a créé pendant 4 heures un truc complètement fou avec une école de sorcellerie. On a créé un monstre qui était sur la plus grande place de Montréal, on a fait venir un groupe de musique et on avait 20 000 personnes pour endormir la bête. Le but de cette pub, oui on va vivre une expérience mais tous ces gens qui ont vécu une expérience vont la partager sur les réseaux sociaux. On a fait augmenter le nombre de visiteurs à Montréal cette année de 20%. ».


« Le but du marketing expérientiel c’est de parler à la bonne personne au bon moment. ».


Pour ceux qui sont intéressés par l’expérience client voici les conseils de Mathieu Sirot : 


« Il faut se laisser un peu porter par la technologie, il faut voir un peu plus loin car la technologie nous a amené tellement ailleurs en 20 ans, on a amené des solutions. Il faut être le premier à se jeter dessus. Les nouvelles technologies, les nouvelles façons de revoir les choses il faut être les premiers à se mettre dessus parce que la pub est avide de ça et souvent les entreprises qui vont faire des pubs sont un peu en retard par rapport aux utilisateurs. 

Mon conseil c’est vous les jeunes vous êtes les premiers à devoir l’ouvrir et rappeler à nous qui sommes un peu des vieux cons qu’il y a d’autres solutions qu’on a peut-être pas vu et que l’on ne connait pas. ».


Pour Mathieu Sirot : « La créativité est un levier d’affaires. ».


Et voilà j’espère que cela vous a intéressé tout autant que moi. 

Merci à Mathieu Sirot d’avoir pris le temps de répondre à quelques questions. 


Pour plus d’exemple du travail de Mathieu Sirot rendez-vous sur son Behance : https://www.behance.net/sirotma 

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